La gestion des hommes est une chose peu aisé. Quel système choisir ? Comment organiser un gouvernement représentatif d'une société ?
La plupart des systèmes en place se sont faits par la force des choses et par une organisation idéologie philosophique. Chaque système est rattaché à une racine culturelle indissociable du reste. Par transitivité, il faudrait plutôt dire que chaque société culturelle a un système de gouvernance qui lui est adapté.
La problématique dans notre monde moderne est la mondialisation des pratiques et des systèmes. En effet notre société considère que la démocratie est la solution la plus à même de conduire un peuple à son autodétermination. Nous considérons qu'elle prend en compte l'avis des peuples à disposer d'eux-mêmes et respecte l'intégrité de chacun.
Or notre point de vue est totalement influencé par note culture et notre mode de vie. En effet notre éducation nous a forgé une pensée et une façon de voir et de s'approprier les choses. Le choc des cultures est un phénomène grandissant dans nos sociétés. Nous avons des difficultés à accepter le comportement ou les habitudes de nos voisins, tant notre culture et nos valeurs peuvent diverger. Nous pensons que chacun est libre de penser, mais nous n'acceptons pas pour autant que l'autre pense différemment tant nous sommes fermés sur notre propre conception du monde et la manière dont il devrait être.
Cela pose de nombreux problèmes relationnels. La place des femmes dans le monde est radicalement différente d'une culture à une autre. En Europe nous considérons que l'homme et la femme sont égaux en tout point. Dans certaines sociétés tribales, la place de chacun est définie, mais l'égalité est respectée. Dans d'autres, la femme est placée en dessous de l'homme et sa conduite est dictée par la tradition. En réalité il y a une conception de l'Homme différente parmi toutes les cultures. Le fait de considérer une conception meilleure qu'une autre est déjà une atteinte à la liberté des peuples à disposer d'eux même.
Une société, une culture n'est pas quelque chose de statique, mais en perpétuelle évolution. Ce n'est donc pas une fatalité à long terme que de considérer un système différent du nôtre comme mauvais. Tout est une question de temps et d'équilibre. Aujourd'hui l'activité de nos sociétés à disposer des autres a des effets contradictoires avec les motivations que l'on a. Ces idéaux que l'on insère dans ces autres sociétés perturbent l'équilibre de celles-ci et génèrent de la violence tout en déstabilisant ces nations. Le choix d'une nation doit venir d'elle même lorsqu'elle fait son consensus interne, et c'est ainsi que les révolutions ont lieux. La situation politique de nombreux pays d'Afrique est fortement perturbée, et les instabilités dont on est témoin sont directement liées à notre politique extérieure envers ces peuples.
Avec l'avancée des technologies de l'information, un système politique moderne est donc plus rapidement assimilé par l'ensemble du peuple. Cela nous permet en outre de mettre le doigt sur les nombreux dysfonctionnements que l'on y perçoit, mais aussi d'éprouver le système dans un laps de temps plus court.
Ce qui est choquant aujourd'hui en France, c'est la vétusté de nos institutions et de nos lois. Nous avons hérité d'un système imparfait à l'époque, mais qui a évolué petit à petit en fonction de notre société. Aujourd'hui nous sommes selon moi dans une impasse d'évolution. La représentativité n'est plus assurée, et les pouvoirs ne sont plus aussi séparés qu'ils devraient l'être.
Prenons le cas de notre système. Nous sommes dans un régime parlementaire. Cela signifie qu'il existe une interconnexion entre le pouvoir exécutif détenu par le gouvernement, et le pouvoir législatif détenu par l'assemblée. Le gouvernement est ainsi responsable devant l'assemblée dont il est issu. La légitimité est relative car la personne qui forme le gouvernement est le président, cependant cette formation est validée par le législatif ; le gouvernement n'est donc pas proprement élu. C'est une séparation souple des pouvoirs. A l'opposé, dans un régime présidentiel, les pouvoirs sont tout à fait séparés et légitimes car issues chacun d'un vote. Le président est donc indépendant de l'assemblée du peuple.
Le problème actuel en France est la représentativité du peuple et les pouvoirs qui sont conférés. Il n'y a plus de distinction entre les pouvoirs. En effet l'exécutif est détenu pas la majorité du législatif. Ainsi c'est un parti politique qui dirige pendant 5 ans le pays. Dans une situation de cohabitation, la notion de parti prend toute son ampleur. Dans la situation où le président élu est issu du parti majoritaire à l'assemblée, ce dernier dispose de tous les pouvoirs : l'exécutif, le législatif et nomme aussi le garde des sceaux qui a pour mission de s'assurer du bon déroulement et de l'application de la justice, justice dépendant directement des lois votées à l'Assemblée nationale. Les seuls gardes fou de notre république sont le Sénat qui valide les propositions de loi et le conseil constitutionnel qui s'assure de la conformité de la loi avec la constitution. Dans le cas de figure où le parti politique majoritaire l'est dans nos garde fous, il n'existe plus aucune séparation des pouvoirs. C'est sur ce point que se pose le problème de la représentativité du peuple souverain.
En effet toute la logique de notre système repose sur une majorité. Un pays divisé en deux du point de vue de l'opinion se retrouve gouverné par l'un ou l'autre des partis. L'un ou l'autre en théorie opposés, indique donc une quasi-moitié qui n'est pas en accord avec les décisions qui sont prises. L'opposition n'a pas non plus de pouvoir car elle est en minorité et ne peut qu'exprimer son point de vue sans que ce dernier ne soit suivi. Nous sommes donc aujourd'hui dans une République partisane où tous les pouvoirs sont détenus par un seul homme appuyé par son parti.
Et l'on voit bien les limites du système lorsque par absentéisme une loi est rejettée, et que celle-ci est revotée jusqu'à ce qu'elle soit approuvée. Dans cette situation quelles sont les limites ? Si le peuple souverain n'est pas satisfait d'une décision, quel est son moyen légal de contestation ? On rappelle cependant régulièrement que cela se passe dans les urnes. Cependant l'appel aux urnes n'a lieu que tout les 5 ans. Rien n'oblige le gouvernement à respecter les engagements qu'il a pris pour ces 5 ans. Le changement de gouvernement par la suite n'impliquera pas pour autant que ce dernier ne fera pas comme son prédécesseur vu que rien ne l'y oblige.
Le pire dans toute cette situation, c'est que le choix ne se porte que sur un nombre limité de partis qui sont toujours les mêmes, et la communication ainsi que l'efficacité d'une campagne sont directement liés à l'investissement financier qui sera injecté. Ainsi le pouvoir peut être proportionnellement affecté aux personnes qui disposent des plus gros financements.
Pour conserver un financement régulier, il est indispensable que l'engagement pris auprès des "investisseurs" soit tenu. Cet engagement est plus important que celui fait auprès des électeurs car ces derniers n'auront de toute façon que peu de choix, et l'investissement placé dans une campagne récupérera l'électorat manquant à un instant t. Nous ne sommes donc pas dans une république démocratique représentative, mais de facto dans une république financière unilatérale.
Ce système est donc hypocrite et déséquilibré. La communication se chargera du reste pour maintenir virtuellement un état de droit, et rassurer le peuple souverain du bien fondé des actions du gouvernement. On comprend alors quels sont les enjeux politiques qui se cachent derrière une élection présidentielle et législative. Le pouvoir total, une action économique entreprise qui peut considérablement arranger les affaires des uns et des autres. On ne parle donc pas ici de l'intérêt d'une nation, mais de l'intérêt d'un système qui se doit d'être généreux avec ses donateurs et apporter un semblant d'amélioration pour garder ses électeurs. La grande question est donc de savoir qui représente le gouvernement et qui est représenté dans l'assemblée lors d'un débat parlementaire ? Les grandes lignes "philosophique" du débat sont données au peuple souverain, masquant de fait le politiquement incorrect initiateur de la demande.
Certes tout n'est pas noir. De nombreux politiciens agissent en leur âme et conscience pour les droits et besoins de leurs administrés, mais le système tel qu'il est actuellement conçu, ne favorise en rien cet investissement de personnes. Et entre de mauvaises mains, ou entre des mains peu scrupuleuses, un tel système peut s'avérer plus totalitaire encore et dangereux pour les relations qu'il entreprend avec les autres nations de ce monde. Car contrairement à une dictature, les actions d'une nation démocratique rendent responsable le peuple souverain et non ses dirigeants qui officiellement nous représentent. Notre président dispose d'une immunité présidentielle. Ce qui signifie très clairement qu'il n'est pas responsable de ses actes pendant la durée de son mandat. Si lui ne l'est pas, qui donc l'est à sa place ?
Notre république a besoin de contre-pouvoirs forts, d'une meilleure représentativité, d'une division des pouvoirs exacerbée et surtout de sortir de ce carcant de partis politiques qui nous dirigent indéfiniment dans les directions qui sont bonne pour eux. Avant tout, il en va de notre liberté que de mettre un terme à l'influence financière qui oriente nos débats et sape les fondements de notre république en y mêlant justice et intérêts.
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