Jeudi 5 novembre 2009
     Toutes nations disposent de leur propre mode de gouvernance. Il existe une infinité de possibilitéss mais un seul petit nombre d'architectures politiques ont trouvé leur place.

     La gestion des hommes est une chose peu aisé.  Quel système choisir ? Comment organiser un gouvernement représentatif d'une société ?

     La plupart des systèmes en place se sont faits par la force des choses et par une organisation idéologie philosophique. Chaque système est rattaché à une racine culturelle indissociable du reste. Par transitivité, il faudrait plutôt dire que chaque société culturelle a un système de gouvernance qui lui est adapté.

     La problématique dans notre monde moderne est la mondialisation des pratiques et des systèmes. En effet notre société considère que la démocratie est la solution la plus à même de conduire un peuple à son autodétermination. Nous considérons qu'elle prend en compte l'avis des peuples à disposer d'eux-mêmes et respecte l'intégrité de chacun.

     Or notre point de vue est totalement influencé par note culture et notre mode de vie. En effet notre éducation nous a forgé une pensée et une façon de voir et de s'approprier les choses. Le choc des cultures est un phénomène grandissant dans nos sociétés. Nous avons des difficultés à accepter le comportement ou les habitudes de nos voisins, tant notre culture et nos valeurs peuvent diverger. Nous pensons que chacun est libre de penser, mais nous n'acceptons pas pour autant que l'autre pense différemment tant nous sommes fermés sur notre propre conception du monde et la manière dont il devrait être.

     Cela pose de nombreux problèmes relationnels. La place des femmes dans le monde est radicalement différente d'une culture à une autre. En Europe nous considérons que l'homme et la femme sont égaux en tout point. Dans certaines sociétés tribales, la place de chacun est définie, mais l'égalité est respectée. Dans d'autres, la femme est placée en dessous de l'homme et sa conduite est dictée par la tradition. En réalité il y a une conception de l'Homme différente parmi toutes les cultures. Le fait de considérer une conception meilleure qu'une autre est déjà une atteinte à la liberté des peuples à disposer d'eux même.

     Une société, une culture n'est pas quelque chose de statique, mais en perpétuelle évolution. Ce n'est donc pas une fatalité à long terme que de considérer un système différent du nôtre comme mauvais. Tout est une question de temps et d'équilibre. Aujourd'hui l'activité de nos sociétés à disposer des autres a des effets contradictoires avec les motivations que l'on a. Ces idéaux que l'on insère dans ces autres sociétés perturbent l'équilibre de celles-ci et génèrent de la violence tout en déstabilisant ces nations. Le choix d'une nation doit venir d'elle même lorsqu'elle fait son consensus interne, et c'est ainsi que les révolutions ont lieux. La situation politique de nombreux pays d'Afrique est fortement perturbée, et les instabilités dont on est témoin sont directement liées à notre politique extérieure envers ces peuples.

     Avec l'avancée des technologies de l'information, un système politique moderne est donc plus rapidement assimilé par l'ensemble du peuple. Cela nous permet en outre de mettre le doigt sur les nombreux dysfonctionnements que l'on y perçoit, mais aussi d'éprouver le système dans un laps de temps plus court.

     Ce qui est choquant aujourd'hui en France, c'est la vétusté de nos institutions et de nos lois. Nous avons hérité d'un système imparfait à l'époque, mais qui a évolué petit à petit en fonction de notre société. Aujourd'hui nous sommes selon moi dans une impasse d'évolution. La représentativité n'est plus assurée, et les pouvoirs ne sont plus aussi séparés qu'ils  devraient l'être.

     Prenons le cas de notre système. Nous sommes dans un régime parlementaire. Cela signifie qu'il existe une interconnexion entre le pouvoir exécutif détenu par le gouvernement, et le pouvoir législatif détenu par l'assemblée. Le gouvernement est ainsi responsable devant l'assemblée dont il est issu. La légitimité est relative car la personne qui forme le gouvernement est le président, cependant cette formation est validée par le législatif ; le gouvernement n'est donc pas proprement élu. C'est une séparation souple des pouvoirs. A l'opposé, dans un régime présidentiel, les pouvoirs sont tout à fait séparés et légitimes car issues chacun d'un vote. Le président est donc indépendant de l'assemblée du peuple.

     Le problème actuel en France est la représentativité du peuple et les pouvoirs qui sont conférés. Il n'y a plus de distinction entre les pouvoirs. En effet l'exécutif est détenu pas la majorité du législatif. Ainsi c'est un parti politique qui dirige pendant 5 ans le pays. Dans une situation de cohabitation, la notion de parti prend toute son ampleur. Dans la situation où le président élu est issu du parti majoritaire à l'assemblée, ce dernier dispose de tous les pouvoirs : l'exécutif, le législatif et nomme aussi le garde des sceaux qui a pour mission de s'assurer du bon déroulement et de l'application de la justice, justice dépendant directement des lois votées à l'Assemblée nationale. Les seuls gardes fou de notre république sont le Sénat qui valide les propositions de loi et le conseil constitutionnel qui s'assure de la conformité de la loi avec la constitution. Dans le cas de figure où le parti politique majoritaire l'est dans nos garde fous, il n'existe plus aucune séparation des pouvoirs. C'est sur ce point que se pose le problème de la représentativité du peuple souverain.

     En effet toute la logique de notre système repose sur une majorité. Un pays divisé en deux du point de vue de l'opinion se retrouve gouverné par l'un ou l'autre des partis. L'un ou l'autre en théorie opposés, indique donc une quasi-moitié qui n'est pas en accord avec les décisions qui sont prises. L'opposition n'a pas non plus de pouvoir car elle est en minorité et ne peut qu'exprimer son point de vue sans que ce dernier ne soit suivi. Nous sommes donc aujourd'hui dans une République partisane où tous les pouvoirs sont détenus par un seul homme appuyé par son parti.

     Et l'on voit bien les limites du système lorsque par absentéisme une loi est rejettée, et que celle-ci est revotée jusqu'à ce qu'elle soit approuvée. Dans cette situation quelles sont les limites ? Si le peuple souverain n'est pas satisfait d'une décision, quel est son moyen légal de contestation ? On rappelle cependant régulièrement que cela se passe dans les urnes. Cependant l'appel aux urnes n'a lieu que tout les 5 ans. Rien n'oblige le gouvernement à respecter les engagements qu'il a pris pour ces 5 ans. Le changement de gouvernement par la suite n'impliquera pas pour autant que ce dernier ne fera pas comme son prédécesseur vu que rien ne l'y oblige.

     Le pire dans toute cette situation, c'est que le choix ne se porte que sur un nombre limité de partis qui sont toujours les mêmes, et la communication ainsi que l'efficacité d'une campagne sont directement liés à l'investissement financier qui sera injecté. Ainsi le pouvoir peut être proportionnellement affecté aux personnes qui disposent des plus gros financements.

     Pour conserver un financement régulier, il est indispensable que l'engagement pris auprès des "investisseurs" soit tenu. Cet engagement est plus important que celui fait auprès des électeurs car ces derniers n'auront de toute façon que peu de choix, et l'investissement placé dans une campagne récupérera l'électorat manquant à un instant t. Nous ne sommes donc pas dans une république démocratique représentative, mais de facto dans une république financière unilatérale.

     Ce système est donc hypocrite et déséquilibré. La communication se chargera du reste pour maintenir virtuellement un état de droit, et rassurer le peuple souverain du bien fondé des actions du gouvernement. On comprend alors quels sont les enjeux politiques qui se cachent derrière une élection présidentielle et législative. Le pouvoir total, une action économique entreprise qui peut considérablement arranger les affaires des uns et des autres. On ne parle donc pas ici de l'intérêt d'une nation, mais de l'intérêt d'un système qui se doit d'être généreux avec ses donateurs et apporter un semblant d'amélioration pour garder ses électeurs. La grande question est donc de savoir qui représente le gouvernement et qui est représenté dans l'assemblée lors d'un débat parlementaire ? Les grandes lignes "philosophique" du débat sont données au peuple souverain, masquant de fait le politiquement incorrect initiateur de la demande.

     Certes tout n'est pas noir. De nombreux politiciens agissent en leur âme et conscience pour les droits et besoins de leurs administrés, mais le système tel qu'il est actuellement conçu, ne favorise en rien cet investissement de personnes. Et entre de mauvaises mains, ou entre des mains peu scrupuleuses, un tel système peut s'avérer plus totalitaire encore et dangereux pour les relations qu'il entreprend avec les autres nations de ce monde. Car contrairement à une dictature, les actions d'une nation démocratique rendent responsable le peuple souverain et non ses dirigeants qui officiellement nous représentent. Notre président dispose d'une immunité présidentielle. Ce qui signifie très clairement qu'il n'est pas responsable de ses actes pendant la durée de son mandat. Si lui ne l'est pas, qui donc l'est à sa place ?

     Notre république a besoin de contre-pouvoirs forts, d'une meilleure représentativité, d'une division des pouvoirs exacerbée et surtout de sortir de ce carcant de partis politiques qui nous dirigent indéfiniment dans les directions qui sont bonne pour eux. Avant tout, il en va de notre liberté que de mettre un terme à l'influence financière qui oriente nos débats et sape les fondements de notre république en y mêlant justice et intérêts.
Par Emile Boutmy - Publié dans : Perspectives Politiques
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Mardi 3 novembre 2009
Commençons d'abord par définir ce à quoi renvoie la notion de confiance :

     "La confiance renvoie à une attitude générale, rencontrée dans des circonstances multiples, où une personne détermine son comportement sur la base d'un sentiment puis d'un raisonnement."

     Dans une République démocratique, les citoyens élisent les responsables politiques sur base d'un programme ou d'une affinité idéologique. Ils attribuent ainsi à ces personnalités une responsabilité fonctionnelle et accordent leur confiance dans la gestion du système. C'est sur cette base qu'est définie la représentativité d'un élu. En votant pour cette personne, je lui accorde ma confiance sur base des propos qu'il a tenus et des promesses d'action qui m'ont été soumises.

     Les propos rassurants que j'entend sur un sujet en particulier, ou les comptes rendu des actions entreprises par mon gouvernement peuvent maintenir la confiance que j'accorde ou la saper si je suis en désaccord. Aujourd'hui il existe de nombreux médias de confiance, et notre société est construite autour de ça.

     Les différents exemples quotidiens que l'on rencontre sont les diplômes d'un individu, les contrats qui sont signés, les déclarations officielles, une simple poignée de main peut suffire à certain, ou encore les garanties de produits de consommation. On étiquette tout, on fait des campagnes de publicité et de promotion pour embellir l'image d'une société et donner confiance dans ses produits. A l'échelle de l'individu, la confiance en soit permet d'entreprendre des choses et de les réussir. La confiance est donc une notion basée sur un avenir proche ou lointain qui nous rassure et nous insuffle un sentiment de sécurité indispensable au bien être.

     Mais voilà que les choses ont changées. Nous avons parlé précédemment d'Internet et de ce qu'il représentait. La circulation de l'information est très rapide. De la même façon qu'une bonne nouvelle nous est transmise instantanément, les mauvaises nouvelles sont tout aussi accessible.

     Pourquoi la confiance gage-t-elle de l'avenir ? Afin de mieux le comprendre nous allons personnifier une entité et nous placer à son niveau pour ce qui est de son existence.

     Prenons le cas de la viande Bovine dans les années 1990. Nous sommes la viande bovine, nous sommes consommées quotidiennement et nous avons l'avenir devant nous. Un scandale retenti : Je suis devenu impropre à la consommation suite à une maladie et mes pratiques peu orthodoxes. La population ne me fait plus confiance, la population me rejette en masse. Mon avenir autrefois radieux est maintenant compromis. Si je ne regagne pas la confiance, je vais m'éteindre et disparaître.
     A l'époque le marché s'est effondré, la demande a chuté et la crise a touché la viande bovine. Il a fallu travailler longuement sur une solution d'étiquetage, de contrôle sanitaire et de communication pour éradiquer le problème et redonner confiance dans le produit. Sans ces démarches le produit aurait périclité.

     Chaque scandale, chaque abus de confiance est un drame pour le milieu dans lequel il éclate. Les conséquences sont importantes à l'échelle du scandale. Nous sommes passé par de nombreuses étapes dans le domaine.

     Le problème avec Internet est que tous ces scandales sont révélé au grand jour très rapidement. Les communiqués de presse deviennent insuffisants pour calmer les populations et la confiance se perd petit à petit. Pire encore, il ne s'agit plus maintenant d'un seul domaine touché, mais de plusieurs simultanément.

     Souvenez-vous de ces publicités où une personne en blouse blanche vous vente les mérite d'un produit en particulier. La blouse blanche rapporte au médecin qui nous inspire confiance car il nous veut du bien. Malheureusement cette confiance que l'on avait s'effiloche.

     Dans l'actualité de ces derniers mois, voici les différentes nouvelles qui inquiètent les populations. Le virus H1N1 est partout et tuerait des milliers de gens. Il faut vous vacciner. Cependant il s'est avéré que ce dernier n'était pas si dangereux. Pourtant le vaccin est sorti. Mais là c'est le drame, un scandale éclate ; l'un des vaccins serait contaminé par d'autres souches de virus encore plus mortels. Des voix s'élèvent pour dire que le vaccin n'ayant pas été encore éprouvé suscite un risque d'effet secondaire indésirable. Une partie du corps médicale refuse de se vacciner. Des médecins annoncent qu'il ne faut pas se vacciner et d'autres affirment le contraire. Alors qui croire dans tout ça ? En qui faire confiance ?

     A nouveau dans le milieu financier, des actifs semblent être de véritables bombes à retardement. Les investisseurs s'inquiètent. Les organismes chargés de l'indice de confiance de ces actifs ont considérablement surévalué leur valeur et il s'avère qu'ils se sont trompés. Des milliards d'euros sont perdus, une crise financière éclate, tout le monde retire ses financements avant d'être touché, la crise est partout. Des sociétés ont besoin de liquidités, mais les banques en faillite ou en difficulté refusent d'investir car ils n'ont plus confiance envers les demandeurs. Les marchés s'effondrent. Les grandes nations proposent des plans de redressement pour relancer l'économie et rassurer le milieu financier et économique sur la reprise imminente. Mais la confiance ne revient pas pour autant, tout le monde est hésitant. Il faut garantir financièrement des structures pour que la confiance revienne.

     Dans le milieu politique, différents scandales sur des malversations, des dépenses exorbitantes inutiles et des abus de pouvoir surgissent dans le décor. Les politiques ne s'intéressent plus aux débats de fond mais passent leur temps à se critiquer les uns les autres en apportant chaque fois des preuves sans que l'on ne comprenne si celles-ci sont valides. On assiste à des communiqués qui se veulent rassurants mais qui sont contredits dans la foulée. Langue de bois ou pas ? Qui croire dans tout ça, qui a raison ? Et s'ils étaient tous pourris ? Pourquoi n'assistons-nous pas à plus de justice ? Pourquoi certains peuvent-ils agir en toute impunité sans risquer d'être inquiétés ou sanctionnés ? Dois-je faire confiance à cette personne qui m'a promis une chose et qui ne la tient pas ?

     Les grandes sociétés ferment des sites, et délocalisent. Certaines disent qu'elles n'ont pas le choix, mais des documents prouvent le contraire. On séquestre des dirigeants, on brûle des locaux car on se joue de nous. On ne fait pas confiance à cette entité qui payait nos salaires et qui ne semble pas honnête ni reconnaissant envers nous. Le patron est stigmatisé et des procès d'intention lui sont envoyés.

     Les employeurs ne font plus confiances aux CV qui leur sont parvenus. Les formations qui sont suivies n'ont plus de valeurs aux yeux de certain. Tout le monde a son BAC, on le braderait pour réduire les effectifs qui sinon s'accumuleraient dans les classes. Que valent donc nos diplômes ? Doit-on leur faire confiance.

     Nous n'avons plus confiance en rien. La fameuse blouse blanche qui nous dictait le bon chemin à suivre a un discours qui sonne faux aux oreilles de chacun. L'information et la contre information est partout.

     La plus grosse crise actuelle est donc belle et bien une crise de confiance, qui ne touche pas que le monde financier mais tout les aspect de la société. On n'a plus confiance en nos politiques, nos médecins, nos entreprises, nos banquiers, nos médias et bientôt nos voisins. On fini par suspecter tout le monde de se jouer de nous ou de nous envoyer de la poudre aux yeux. Le monde entre petit à petit dans une paranoïa totale. De plus le fait d'avoir, inlassablement, des avis et des débats contradictoires sur tout n'arrange rien, bien au contraire. Chacun y va de son idée pour descende l'autre et non pour apporter un plus. La mode du bling bling et du talk show / télé réalité incite à faire de chacun une "star" et cela favorise les idées fausses/vraie à prendre le devant de la scène face à d'autres.

     Notre société traversait déjà une mauvaise passe, souffrant d'une perte de repère et d'identité chez nos jeunes, mais ne touchant pas que ces derniers. Européens ou Français ? Gauche ou droite ? Jeune ou vieux ? In ou Out ? Bref tout est divisé, et l'on ne sait plus ou se situer ni qui écouter ou suivre.

     Si on devait revenir sur le système actuel, il n'est tout simplement plus pérenne. Les actes de chacun sont soupçonnés d'être motivé par l'appât du gain et pas par ce qu'ils pourraient être vraiment. Un nouveau Vaccin sort, et tout de suite on réfléchit au fait que l'industrie pharmaceutique manigance pour s'en mettre plein les poches et que les politiques sont de mèche. La théorie du complot se déverse dans toutes les couches de la société.

     Notre système est un système basé sur la confiance, et cette confiance vole petit à petit en éclat. Une dictature ou une monarchie non constitutionnelle ne demande aucune confiance, elle impose. Les tenants de notre système actuel ont petit à petit sapé les fondements de la république en laissant faire, en profitant et en manipulant. C'est la façon dont a toujours fonctionné la politique et donc la gouvernance.

     Regardez actuellement ce qu'il se passe au niveau politique et économique : on nous fait de la communication pour nous dire qu'on tire des conclusions, que l'on va rendre tout transparent, que l'on va faire table rase du passé et mettre fin à la corruption, au manipulations et aux mauvais comportement. Toute cette démarche n'a qu'un but : redonner confiance. Le problème est que la langue de bois ne donne que des espoirs mais aucun résultat et que cela pourrait réduire un peu plus encore la confiance que l'on aura retrouvée.

     Le système économique actuel a pris le dessus sur le système démocratique. La politique ne peut laisser de côté la main qui l'a élevé à son rang. Nos politiciens sont pieds et bras lié par un système qui les a fait et pour lequel ils sont obligés de travailler. Sauf qu'il ne s'agit pas d'un système démocratique mais économique. Ainsi les choses ne sont-elle pas prêtes de changer avec le paysage que l'on connaît actuellement. Certains diront à quoi sert de crier au loup et de voter pour les mêmes qui se relaient face à nous vu que rien n'a changé en vingt ans ? Et ce n'est pas la génération montante qui dira le contraire vu que celle-ci est déjà fatiguée de cette situation.


"Ecrire l'avenir ça impose de faire confiance"
Anonyme

Par Emile Boutmy - Publié dans : Perspectives Politiques
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Lundi 2 novembre 2009

     Lors de mon premier article, je vous ai parlé de la nouvelle composante dans le monde politique qu'est Internet.

      Je vais ici étayer plus en profondeur le sujet afin d'expliquer pourquoi internet change radicalement le paysage politique.

      La démocratie tel qu'on l'a pratiquée pendant des siècles connaît sa première véritable crise qui a le pouvoir de remettre ses fondements en question.  C'est une véritable bombe à retardement pour le corps politique actuel.

      Il est important de comprendre que le contrôle de l'information est indissociable d’un pouvoir établi. Dès lors qu'un gouvernement dispose de suffisamment d'influences sur les médias, c'est la communication qu'il apporte au grand publique qui est un gage de son activité et de ses résultats. La censure est naturellement une composante du système.

      Dans les démocraties où la liberté d'expression est bafouée, les gouvernements maintiennent une forme de pression sur les citoyens afin que ceux-ci ne soient pas en mesure de s'opposer directement au pouvoir en place. Ainsi les protestations sont étouffées dans l'oeuf, l'opposition cadenassée. Ne reste alors que les partisans qui soutiennent l'activité du gouvernement, et le reste de la population qui n'attend plus rien de lui. On est ici dans un cas extrême de contrôle de l'information.

      Dans les pays démocratiques plus anciens, la liberté d'expression est un droit fondamental. Les journaux et les magazines relayent les informations de tout bord, et les partis politiques d'opposition ont le droit à la parole. L'influence et le contrôle de certains médias permettent d'orienter une partie de l'information à une majorité de citoyens, vulgairement appelés la « masse ». Je vous laisse déterminer vous-même les médias dont il pourrait s’agir. Il ne s'agit pas de transformer l'information, mais avant tout de la présenter différemment. Il faut noter également qu'être en mesure de s'exprimer par le biais de ces médias est d'ors et déjà un avantage certain pour faire passer les messages que l'on souhaite et à qui on le souhaite. Chaque média, chaque « spécialité » de média est ainsi utilisé pour faire admettre sa politique à l’ensemble d’une population toute couche sociale confondue.

      Jusqu'ici les politiques de tout bord ont toujours utilisé ces mécanismes qui ont fait leur preuve dans le temps. Les quelques journaux à polémique ont été stigmatisés comme tel, faisant ainsi leur promotion, mais leur collant aussi parfois une étiquette de journaux peu sérieux. D’autres dénotent d’une crédibilité établie bien que de plus en plus remise en question.

      Enfin une des méthodes utilisée consiste à créer de l'information sans enquête préalable en contactant directement les médias pour effectuer des révélations à visage cachés dans les coulisses de la république. Bien souvent ces informations sont filtrées et étudiées au préalable et servent des desseins particuliers.

      Ces pratiques n'ont que peu changées depuis ces dernières décennies. Le gros problème pour nos politiques actuel c'est la maîtrise d’Internet.

      Aujourd'hui avec Internet le moindre petit fait avéré ou pas fait le buzz ; je n'ai jamais vu un gouvernement s'expliquer aussi régulièrement sur ce qu'il fait et démentir inlassablement ou trouver une excuse. Ils sont systématiquement pointés du doigt sur le moindre détail. Pas étonnant que le porte parole prenne sur lui la responsabilité de son discours et ait un comportement agressif envers les journalistes et ceux qui rapportent les informations. Les réponses apportées ne sont pas forcément correctes pour les techniciens, mais semblent rassurer la "masse".

      Les différents projets de régulation de l'Internet nous font rentrer dans le vif du sujet. Internet est un lieu d'espace libre qui a du mal à être contrôlé. Il ne l'est d'ailleurs pas assez aux vues de nombreuses personnalités politiques et économiques. Le problème est qu'actuellement aucun organisme officiel n'est en charge de sa réglementation et de sa surveillance. J'entends par là, aucun organisme qui ne lutte pas contre le terrorisme, le crime organisé ou la pédophilie. Naissent alors une multitude de sites internet ou de blogs qui se consacrent entièrement au contre-pouvoir, qui diffusent des informations non certifiées, non approuvées, non vérifiées ou encore confidentielles voir délibérément mis sous couvert.

 

     Ces sites internet et les discussions qui sont faites autour de ces évènements ou non événement sont actuellement hors de contrôle. Devons-nous alors nous poser la question de les modérer ou de les censurer ? Soit vous possédez l’information et le média qui va avec, soit vous tentez de négocier une influence. Les grands patrons de presse ont tous à un moment ou à un autre eu un contacte privilégié avec le gouvernement. L’habitude et la routine peuvent parfois désarmer bien des choses, et inciter à la paresse. Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi tel ou tel sujet était peu développé ou même gardé sous silence ? Dès lors que l’on vous nourrit de certaines informations, vous devenez plus enclin à fermer l’œil sur d’autres dans l’espoir de demeurer dans la confidence ou les petits papiers. Il ne s’agit dès lors aucunement d’un complot déguisé mais d’un simple rapport de confiance donnant-donnant.

      Quand l’information n’a plus de support contrôlable, quand celle-ci est partout, et quand chacun souhaite faire le buzz à son tour pour devenir « la » star comme on nous l’apprend à la télévision, il n’est plus besoin de faire de compromis. Toute information devient bonne à diffuser. Plus elle fait mal, plus elle dénonce, plus elle plaît.

 

     L’état français est devenu actionnaire de Dailymotion. Ce n’est pas un investissement de notoriété publique, c’est simplement un moyen d’avoir son mot à dire sur le contenu diffusé et partagé sur un bout de toile. Mais ce qu’il manquait avant tout à l’état français, c’est une autorité autonome capable de légiférer sur le contenu du « tout » Internet et sur l’activité des internautes sur celui-ci. HADOPI 1 est un bon exemple de ce qui était souhaité initialement. Mais comme tous les brouillons, ceux-ci sont mal conçus et grossièrement fait. Il faut alors édulcorer l’ensemble afin que la pilule passe mieux. Et bien qu’il y ait des corrections, il vaut mieux un début d’autorité que pas d’autorité du tout.

 

     Quand on s’attaque à un monument, il est important d’avoir autour de soit un appui solide de l’opinion publique. Peu importe les experts, on reporte les débats sur la manière de procédé et non sur le contenu attaqué, mais surtout on invoque des prétextes politiquement corrects tels que la lutte conte le piratage informatique ou contre la pédophilie. Qui peut alors s’opposer à de si belles motivations ? Qu’importe la tournure de la discussion, l’argumentation de base reviendra à la charge pour désarmer tout le reste. Et c’est ce qu’on appelle un grand coup politique, à savoir, parvenir à une chose en obtenant l’aval de ceux qui en paieront les frais.

 


 

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux.

Benjamin Franklin


      Il faut bâillonner Internet pour pouvoir continuer la politique d'antan. Sauf que la partie est loin d’être gagné et tous ces outils qu'ils se mettent à leur disposition ne font que renforcer les opinions qui circulent. Tout le problème est de savoir combien de temps cela durera. Car si il est une chose certaine, c’est que la population a la mémoire bien courte, et que ce qui fait débat aujourd’hui sera oublié mais entériné le lendemain.

 

Cependant, et nous le disions précédemment, le corps politique a malheureusement dix ans de retard sur ce nouveau Média. Les nouvelles vont vite, et bien trop vite. Les actions entreprises, les petites phrases déplacées, les petits scandales privés et autres abus de pouvoir certes parfois minimes font vite le tour de l’actualité. Les internautes se font vite une opinion et l’information circule sans aucune limite. Face à cela il y a un effort et des moyens supplémentaires à engager dans la communication. On ne peut plus vraiment faire n’importe quoi, n’importe quand et surtout avec n’importe qui. Cela complique les choses et l’opinion publique malgré les communiqués de presses récurrent perd petit à petit confiance au monde qui l’entoure.

 

     Si des géants comme google s’imposent aujourd’hui sur le marché, ils sont aussi en mesure de fermer beaucoup de portes de communication. La chine en est un bon exemple. Les fournisseurs d’accès à internet font de la résistance, mais perdent petit à petit du terrain. Les lois sur la protection de la vie privée sont autant d’obstacles à franchir mais aboutissent dans un no man’s land où la vie privée des uns nuit à la vie privée des autres.

 

     Pourrons-nous continuer de donner notre opinion librement sans que celle-ci soit conduite en diffamation et contraire au respect de la vie d’autrui ? Une chance pour le moment, trop d’information tue l’information. Mais cette « chance » est à double tranchant, car trop d’information égare les pensées, et une pensée égarée est une pensé qui ne sait plus sur quoi ou vers qui se reposer. Cette perte de repère et de confiance sera sans doute la clé de voute de l’avenir de notre système politique et social.

 

Emile

Par Emile Boutmy - Publié dans : Perspectives Politiques
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Vendredi 30 octobre 2009
Chers lecteurs, chers républicains,

Bienvenue sur Avenir République.

      Le 21 septembre 1792 a été proclamée la première République Française suite à l'abolition de la royauté.
Cela fait maintenant plus de 200 ans que cette République a été éprouvée, amendée, manipulée pour aujourd'hui être le constat de l'échec de la démocratie.

      Pourquoi donc un échec ? Une république démocratique n'est-elle pas sensé être l'accomplissement d'un peuple à disposer de lui même ? N'est-elle pas un espace de liberté pour les hommes et d'égalité pour tous ? N'est-ce pas l'avenir d'une société qui tend à s'enrichir, s'ouvrir et s'épanouir ?

      Dans les livres d'école le système démocratique actuel est considéré comme le seul en mesure de garantir le droit des peuples à disposer d'eux même. C'est l'aboutissement d'une société civile. Les grandes démocraties de ce monde ont obtenu ce statu par les armes. Aujourd'hui leur influence politique, idéologique, économique et militaire tente d'imposer ce système à tous les peuples de ce monde. Les résultats que l'on connaît mettent en évidence les failles de ce système.


"On ne persuadera jamais à des républicains, vraiment libres, de se donner un maître; car ils vous diront toujours: Il vaut mieux dépendre des lois que du caprice d'un seul homme."
Frédéric II, roi de Prusse


Il s'avère qu'aujourd'hui une nouvelle composante du pouvoir a vu le jour : Internet.

      Internet est un outil de communication que nous utilisons tous aujourd'hui. Il a fait ses grands débuts dans les années 90. Il est resté en marge de notre société pendant de longues années jusqu'à son boum des années 2000 ou tous les foyers français ont commencé à s'équiper. Aujourd'hui nos politiques ont enfin compris avec un peu de retard que leur plus grand ennemi est présent chez tous les ménages. Cet outil de communication fait trembler la république, et plus encore, nos politiciens...

Le but de ce blog n'est pas d'alimenter les polémiques d'actualités qui ont cours dans la blogosphère et dans les médias.

      Notre système républicain et démocratique n'est plus adapté à notre société. Les pratiques politiques les plus communes n'ont plus leur place aujourd'hui en France. Nous avons besoin de réparer notre système qui prend l'eau avant que celui-ci ne s'effondre sur lui même.

      Lorsque l'on soulève un problème, si nous n'avons pas de solution alors il vaut mieux changer de sujet. Je ne veux pas être fataliste et penser comme d'autre que les choses sont telles qu'elles sont et ne changeront pas. Nous sommes pavenus à renverser des systèmes totalitaires contre toute attente, nous sommes parvenus à bâtir des choses impensables il y a des siècles, pourquoi ne pourrions nous pas reconstruire la France politique et repenser l'homme moderne ?

Emile


« Nous avions été frappés de l'ignorance avec laquelle l'opinion s'était prononcée sur de si grandes aventures. Nous nous sommes demandé s'il n’était pas possible de faire mieux comprendre à la génération qui grandit la complexité et la difficulté des questions politiques. »
Emile Boutmy

Par Emile Boutmy - Publié dans : Perspectives Politiques
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